Sirin Boubaker
Intentions générales de l'artiste :
"Participer à Vaisseaux prolonge ma recherche sur la mémoire, la disparition et les corps traversés par les territoires. Le processus collectif m'a permis de déplacer cette réflexion vers le funéraire : comment créer un rituel lorsqu'il n'y a ni corps, ni tombe, ni possibilité de deuil ? À partir des morts de la traversée méditerranéenne, j'interroge la mer comme espace d'effacement, mais aussi la possibilité de produire une trace là où elle disparaît. Le dialogue avec les autres pratiques de Vaisseaux nourrit cette recherche et m'amène à penser l'objet funéraire non comme monument, mais comme geste de mémoire. Mon engagement est de donner une forme à ces absences et d'interroger notre manière collective de faire mémoire des morts sans sépulture."
Présentation de l'artiste :
Sirin Boubaker. Née en 1993 à Qalat al-Andalus, en Tunisie, elle vit et travaille entre la Tunisie et la France. Diplômée de l'Institut Supérieur des Beaux-Arts de Nabeul en peinture (2015), puis titulaire d'un Master de recherche en théorie de la création (2017), elle développe une pratique autour de la mémoire, du territoire, de la transformation et du déplacement. Initialement ancrée dans la peinture, le collage et le photomontage, sa pratique s'est progressivement ouverte au textile, au cyanotype, à l'indigo, à la broderie, à la sérigraphie et à la céramique. Son travail a notamment été présenté à TGM Gallery à La Marsa et à la Galerie KHÅL à Paris. En 2026, elle a participé à la résidence de la Villa Fabris Bene ainsi qu'à la YBA Residency de la Galerie Yosr Ben Ammar à La Marsa (exposition collective Soft Monuments). Elle a été artiste en résidence au Château d'Autrey en 2016 et a participé à la sélection de Bourges 2028, Capitale européenne de la culture. Son travail bénéficie du soutien d'Armature (Artsy) et a fait l'objet de publications dans BARZAKH E-ZINE, Armature Spotlight, Al Arab et Sens Magazine. « J'accueille l'accident, la fragilité du tissu et les variations de la matière comme des formes de vérité, comme une vie qui se transforme, se fissure et se réécrit. »

