En mer avec Localanque : tester les urnes biodégradables au large de Marseille.
- Caroline Pelletti

- 22 août
- 3 min de lecture
Depuis plusieurs mois, les créas engagé.e.s avec Vaisseaux embarquent avec Localanque, entreprise marseillaise de pompes funèbres maritimes, pour aller tester en mer les urnes biodégradables et biosolubles conçues par les créateur·ices du projet.
Yannick Long est cofondateur de Localanque aux côtés de Philippe Arnaud. Skipper et capitaine de la marine marchande, il a fait de ce double savoir-faire, celui de la mer et celui de l’accompagnement funéraire, le cœur de son métier. Depuis le Vieux-Port de Marseille, il embarque les familles vers le large pour des cérémonies de dispersion de cendres ou d’immersion d’urnes biodégradables, dans le respect strict du cadre légal.
Ce métier rare mêle une technique précise et une présence humaine forte : l’amarrage, la navigation douce, le moment exact où l’urne rejoint les profondeurs, la lecture d’un texte, le silence, puis les coordonnées GPS remises à la famille comme une adresse dans l’océan. Une rigueur et une humanité qui ont immédiatement résonné avec la recherche menée par Vaisseaux.
Ce que dit la loi pour les cérémonies en mer
Le cadre légal, que les créateur·ices de Vaisseaux ont pour mission de connaître et d’interroger, distingue deux gestes bien différents en France :
• la dispersion directe des cendres à la surface de l’eau, possible dès 300 mètres des côtes ;
• l’immersion d’une urne biodégradable, qui doit avoir lieu bien plus au large, à une distance minimale de 6 kilomètres du littoral, et suppose une déclaration préalable à la mairie du lieu de naissance du défunt.
En Belgique, seule l’immersion d’une urne biodégradable est autorisée, en mer du Nord, à au moins 200 mètres des côtes, et c’est un employé communal, non la famille, qui accomplit le geste. Ces règles évoluent et varient selon les communes : elles font partie du cahier des charges que Vaisseaux transmet à ses créateur·ices, un cadre à respecter, dépasser ou interroger, jamais à ignorer.
Une recherche collective, en mer
Partir du Vieux-Port, s’éloigner jusqu’aux 300 mètres où les cendres peuvent rejoindre l’eau, puis pousser jusqu’aux 6 kilomètres réglementaires pour une immersion : chaque sortie avec Yannick Long est l’occasion de comprendre de l’intérieur ce que signifie accompagner un départ en mer.
Marseille est le berceau de cette recherche, une ville qui permet d’avancer au contact des éléments qui sont au cœur du projet Vaisseaux, la terre, le vent, l’eau.
Ces sorties rassemblent aussi bien des créateur·ices qui ont déjà conçu des objets pour le projet que celleux qui arrivent tout juste, portant leur matière, leur technique, leur poésie, et qui se nourrissent de tout ce qui a été exploré avant elleux. Des rencontres qui débordent largement le champ de l’art et du design contemporain, au contact de métiers et de gestes qui habitent autrement la question du passage.
Récemment, le premier test a porté sur une urne biodégradable conçue en savon de Marseille par Garance Arcadia. Voir l’objet toucher l’eau, le regarder s’ouvrir lentement à la surface puis se dissoudre : test validé pour le savon de Marseille comme matière du passage.
Ces rencontres régulières en mer avec Localanque nourrissent directement les axes de recherche de Vaisseaux sur les nouveaux gestes funéraires, et notamment le travail mené pour l’exposition HUMUS · AQUA · VENTUS.
Merci à Yannick Long pour sa présence, son geste, et sa façon d’habiter ce métier rare.
@vaisseauxfuneraires et @localanques.








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