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Wool Urn N.2

Prix

300,00 €

De Sybille Berger

Urne cinéraire Biodégradable.

 

Destinations (Selon le pays) :

  • Inhumation en pleine terre. 
  • Conservation à domicile.

 

Le cadre légal varie selon les territoires :

  • En France, l’inhumation en pleine terre d’une urne n’est pas envisageable, alors

    qu’elle est autorisée dans certaines régions belges si l’urne est biodégradable. De même, en France, la loi interdit de conserver les cendres à domicile ainsi que de les séparer.

  • En Belgique, ces pratiques sont possibles dans certaines régions,

    avec des modalités qui varient fortement d’une région à l’autre.

    Dans certaines régions belges toujours, il est également possible de poser une

    urne dans son jardin sans qu’elle soit enterrée, auquel cas elle n’a pas besoin

    d’être biodégradable.

 

Les règles évoquées ici sont données à titre indicatif et peuvent varier selon les pays, les régions, voire les communes. Nous invitons chacun·e à vérifier la législation précisément en vigueur là où l’objet est destiné à demeurer avant toute décision.

 

 

Dimensions : 35 x 22 cm

Contenance : 7L

Poids : 500g

 

Matières et techniques : Laine Feutrée blanche.

 

Type de fermeture :

 

Évolution de l'objet :

La laine est composée de la protéine naturelle de kératine, qui est similaire à la protéine qui compose les cheveux humains. Lorsque la kératine est décomposée naturellement par des micro organismes, les produits ne présentent aucun danger pour l'environnement.

La laine se biodégrade mieux dans des conditions chaudes et humides. Lors de son élimination, et si elle est maintenue au chaud et humide ou enterrée sous le sol, des croissances fongiques et bactériennes se développent qui produisent des enzymes qui digèrent la laine. Le processus de biodégradation commence par des champignons naturels qui commencent à affaiblir la fibre de laine.

Ensuite, les bactéries mangent la fibre. Dans de bonnes conditions, la laine se biodégradera en six mois environ. Les résultats d'une autre étude ont montré qu'en 90 jours, la laine peut se biodégrader jusqu'à 20 % dans l'eau de mer. Si ces résultats sont vrais, alors mathématiquement parlant, la laine se biodégradera complètement en 450 jours, soit 15 mois.

 

Intention par rapport à cet objet :

"Ce projet propose une recherche et une production autour de la laine feutrée comme matière active, appliquée à la conception d'une collection d'urnes funéraires biodégradables destinées à l'inhumation écologique en pleine terre.

L'urne est pensée non comme un contenant définitif, mais comme un objet transitoire, accompagnant la transformation du corps et son retour au sol dans le respect des cycles du vivant.

 

Réalisée en feutre de laine naturelle, l'urne tressée adopte une forme douce et enveloppante, évoquant à la fois l'abri, le cocon et la présence silencieuse. Elle n'impose pas de signe monumental : elle se tient un temps, puis disparaît. L'objet ne vise pas la conservation, mais le passage.

 

L'urne est construite par un tressage de bandes de feutre, formant un entrelacs régulier, sans début ni fin visibles. Ce tressage est pensé comme un tissu de relations : croisements, passages, appuis. Il fait écho à la pensée de Tim Ingold, pour qui le monde se compose de lignes de vie qui se rencontrent, se nouent et se prolongent, plutôt que de formes closes.

Les bandes de laine deviennent des chemins ; ces chemins, des lignes de vie. L'urne ne marque pas une rupture, mais une continuité : celle d'une existence qui rejoint d'autres lignes celles du sol, de l'humidité, des micro-organismes, du paysage. Le geste funéraire s'inscrit ainsi dans un maillage plus large, matériel et vivant.

La laine feutrée n'est pas utilisée comme un simple revêtement, mais comme une matière active, biodégradable et transformatrice. Sa porosité, sa densité et son comportement dans le temps sont constitutifs de la forme.

 

Dans l'esprit des recherches de Neri Oxman, le projet considère matière, fabrication et forme comme indissociables. L'urne n'est pas dessinée contre la matière, mais avec elle. Sa structure

tressée permet à la terre, à l'air et à l'humidité de pénétrer progressivement l'objet.

La décomposition n'est pas un défaut : elle est pensée comme une phase essentielle du projet. L'urne devient ainsi une architecture organique temporaire, conçue selon une logique from Earth to Earth : issue du vivant, elle y retourne sans résidu. Le projet prévoit l'intégration de graines d'arbres directement dans le feutre de laine : chêne, châtaignier, hêtre, érable, pin, cyprès ou bouleau afin de permettre, selon les conditions, l'émergence d'un arbre.

 

Cette possibilité déplace le lieu du recueillement : non plus une pierre tombale, mais un arbre en croissance. Le souvenir ne se fige pas ; il évolue avec le vivant. Ce projet trouve une résonance particulière en Espagne, où les pratiques funéraires connaissent de profondes mutations.

 

Comme l'a récemment rapporté Courrier international, la généralisation de la crémation s'accompagne d'un phénomène préoccupant : de nombreuses urnes cinéraires sont abandonnées dans les crématoriums, faute de solution symbolique, spatiale ou émotionnelle pour les proches.

Cette situation, mise en lumière notamment par une initiative associative à Fuenlabrada, en périphérie de Madrid, révèle un décalage entre les objets funéraires proposés et les usages réels. L'urne devient parfois un poids, un objet sans destination. En proposant une urne biodégradable destinée à disparaître dans le sol, ce projet ouvre une alternative aux logiques de conservation et de stockage, et s'inscrit dans une réflexion contemporaine sur les rituels, les objets et leur devenir.

 

La laine est aujourd'hui une ressource largement déclassée en France et en Europe. Très peu valorisée localement, elle est souvent exportée à bas prix, tandis que la tonte demeure un coût pour les éleveurs.

 

Ce projet prend acte de ce paradoxe et choisit la laine non comme un reste, mais comme un matériau noble, technique et porteur de sens. En lui donnant une fonction visible, symbolique et écologique, il vise à revaloriser les savoir-faire pastoraux et artisanaux, et à reconnaître le travail des éleveurs, inscrit dans des territoires et des pratiques de soin du vivant."

 

 

Présentation de l'artiste.

 

«Wool Urn N.2» - Vaisseau_063 de Sybille Berger - Photos de David Girard.

Quantité

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