Garance Arcadias
Intention de l’artiste :
"Vaisseaux est pour moi un espace rare où la création se construit collectivement autour d'une
question souvent tenue à distance : comment accompagner nos mort·es autrement ? Ce
processus nourrit autant ma recherche plastique que ma réflexion éthique. Les échanges avec
les autres artistes, les rencontres avec des professionnel·les du funéraire et l'expérimentation
des rites m'ont permis de concevoir des œuvres comme des processus de transformation plutôt
que comme des objets. J'y trouve une communauté de recherche où le soin, l'écologie et la
mémoire deviennent des pratiques partagées.
J’ai participé aux différentes phases des Vaisseaux funéraires parce que cette recherche rejoint mon travail autour du passage, de la disparition et des transformations de la matière. « Pour Ce(lleux) qui reste(nt) » interroge un deuil individuel lié aux proches : comment laisser à chacun·e la liberté d’inventer son rituel, de conserver, partager ou laisser partir les cendres ? J’ai choisi de jouer avec les codes funéraires en imaginant des boîtes entre tombeaux et sarcophages, en savon de Marseille, fibres végétales, feuilles et fleurs. La potasse, issue des cendres et à l’origine du savon, opère un retournement : la matière funéraire devient matière de soin. Ces boîtes de savon sont des contre-monuments : légères, accessibles et dissolubles, à rebours des mausolées et caveaux familiaux."
Présentation de l’artiste :
Née à La Rochelle en 1985, je développe une pratique transdisciplinaire où sculpture, performance et écriture explorent les notions de passage, de disparition et de soin. Formée à l'ENSAP Bordeaux, puis diplômée de la Villa Arson (Nice) et de l'Académie des Beaux-Arts de Munich (classe de Gregor Schneider), j'interroge depuis plus de treize ans l'écologie matérielle et symbolique du deuil. Récipiendaire de nombreuses bourses en Allemagne, dont le Kunstfonds 2023, j’ai été résidente de la Villa Concordia l’année 2023 (résidence du ministère de la Culture de Bavière) et du programme Intermix à Riyad, Arabie saoudite, en 2024. À partir de matériaux organiques, domestiques ou recyclés, je conçois des formes et des protocoles où la matière accompagne les transformations du vivant plutôt qu'elle ne les fige.

